Le projet en cours, intitulé « Théâtre Enfants Palestine » vise à la création d’une structure pérenne qui permette aux enfants palestiniens et palestiniens citoyens d’Israël, garçons et filles de tous âges, d’abord d’avoir accès à l’art ,en particulier les arts de la scène (théâtre, chant, danse) par la médiation des artistes qu’ils rencontreront, de s’initier à l’expression artistique, puis de s’épanouir au sein de celle-ci, en disposant de l’espace et peu à peu des clefs (au rythme de leur apprentissage) pour véhiculer leurs émotions et faire de celles-ci la matière première de réalisations, dans une démarche constructive de leur personnalité. Ce travail socioculturel, à travers la création et la formation, par le fait qu’il requiert une concentration orientée ailleurs que sur la résolution de problèmes immédiats, comporte une forte dimension émancipatrice qui permet de se reconstruire dans sa dignité et son intégrité d’ être humain.

Si le théâtre prime, l’association travaille également à ce que les enfants soient initiés à divers domaines artistiques afin qu’ils puissent découvrir leur domaine de prédilection et pour leur offrir la complémentarité relative à ces divers domaines. Le développement d’échanges culturels entre des enfants palestiniens et palestiniens citoyens d’Israël, le fait qu’ils puissent vivre ensemble cette expérience qui les unit, est une dimension essentielle et spécifique du projet. Les enfants sont l’avenir.
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< Le projet se déroule en cinq étapes principales, tout d’abord en 2004, a eu lieu une tournée d’artistes européens dans différentes villes palestiniennes et israéliennes pour donner des cours aux enfants et en sélectionner un certain nombre pour la suite. Les trois étapes suivantes sont des résidences artistiques à Nazareth des enfants retenus avec des artistes français et locaux dont la dernière aura lieu cet été. En fin la création d’un théâtre pour enfants palestinien sera accompagné par un voyage d’enfants palestiniens en France pour une résidence artistique à Lyon pour la dernière étape en juillet 2008.

Historique du projet [2004-2007] :

Constitution d’une troupe d’enfants (filles et garçons de tous âges) de différentes villes (10 au final) palestiniennes et israéliennes. Initiation à divers domaines artistiques ( théâtre, danse, chant, cinéma), puis formation des enfants à leur domaine de prédilection, se déroulant en collaboration avec des artistes Locaux et européens, ainsi que des acteurs du secteur social (éducateurs, médiateurs) lors d’une série d’ateliers (4 sur la période 2004- 2007) au sein desquels est donc proposé un enseignement multidisciplinaire. Cette étape constitue la base du projet. Elle permet la rencontre des protagonistes, leur réunion autour du projet, et confirme sa pertinence.

Juillet-Août 2004 : « Ateliers de rencontre »

Des dizaines d’enfants volontaires sont initiés durant des ateliers de 4 jours à l’expression théâtrale et à la danse à Nazareth, Haïfa, Ramallah, Kobar, Bethléem et Jérusalem par Rohi Ayadi, comédien originaire de Nazareth et Minh-Loan Dao, comédienne/danseuse de Lyon, venus à leur rencontre. Trois enfants de chaque ville sont retenus pour la suite du projet. Ceux qui avaient une expérience moindre dans un domaine artistique ont été prioritaires. Les enfants de la Compagnie Al Holm Al Nassrawi ( Le rêve de Nazareth) ont participé à ces rencontres, qui ont eu lieu avec la collaboration du Centre Culturel Municipal de Nazareth, de la Mairie de Nazareth, du Centre des Jeunes Travailleurs et Etudiants de Haïfa et Nazareth, de l'Association Al Sanah (Nazareth), du Club des Etudiants de Nazareth , du Centre Al Muntada ( Ramallah), du Centre de Kobar, du Centre culturel Al Rowwad du camp de Aïda (Bethléem), de l'Association Raabita de Jaffa, du Centre Silwan, du Club de Jérusalem. Enfants de Haïfa (gauche) et de Nazareth (droite) ayant participé au premier projet avec Minh-Loan Dao

Janvier 2005

Les enfants retenus lors des « Ateliers de rencontre » ont été réunis à Nazareth pour débuter une formation théâtrale intense mais ludique, structurée, sur l’improvisation qui s'est terminée par une représentation de différents tableaux artistiques devant les familles des jeunes participants. Ces ateliers ont été menés par Franck Kayap et Rohi Ayadi (comédiens).


Remise de diplômes à la fin du spectacle par Rohi Ayadi et le maire de Nazareth


Août 2005: « L’art comme langage du monde »

Dans la foulée du travail effectué en août et grâce à la présence des danseuses Séverine Chasson (Lyon) et Rabeah Mourkss (Koufryassif) et du comédien Lotof Nweser, nous nous sommes concentrés lors de ces ateliers sur la prise de conscience et la découverte partielle du vaste champ du possible de l’expression corporelle, ce qui a permis d’aborder des spécificités du jeu théâtral comme l'exploitation de l'espace scénique, les positionnements, démarches, attitudes et l'élimination des mouvements parasites….
Le musicien /compositeur Daniel Mouin faisait corps avec les comédiens en herbe et créait en live la musique des différentes scènes, dans une démarche d’éveil à l’expression musicale.
A ces travaux s’est greffé l’œil d’une caméra, permettant la découverte intime des spécificités et des ouvertures créatives que permet cet outil, préparant alors le terrain des prochains ateliers pour lesquels est prévue la réalisation d’un documentaire…

Mai-Juin 2006 : « A la prochaine »

Une équipe de quatre personnes s’est rendue en Palestine et en Israël entre le 22 mai et le 25 juin. Cette équipe avait pour objectif de filmer les enfants dans leurs vies de tous les jours pour compléter le documentaire. A cause de la guerre israélo-libanaise, aucun groupe d’artiste n’a pu entrer sur les territoires durant l’été 2006. Ce documentaire a été donc la seule action de l’association en 2006 en Israël et Palestine. L’équipe s’est rendue dans les dix villes où les artistes étaient allés lors des étapes précédentes. Leur passage a permis aux parents des enfants qui n’avaient pu les suivre durant les ateliers de visionner le travail réalisé. Cette équipe a pu aussi transmettre des message vidéos entre les enfants qui s’étaient rencontrés durant les deux premières éditions et qui n’avaient pu se revoir depuis à cause de l’éloignement et des difficultés de passage d’une région à l'autre. Ces cinq semaines ont permis à l’équipe franco-palestinienne de récolter suffisamment d’images pour compléter le documentaire