Par a.dreams, mercredi 21 novembre 2007 à 17:04 | Témoignages | #119 | rss
par CHAPON Audrey
A la suite d’une résidence d’artistes pendant
quinze jours à Nazareth en Israël pour des enfants israéliens, palestiniens,
arabes, chrétiens et musulmans. A la suite d’une visite personnelle Ã
Bethléhem et le camp d’Aïda. A la suite d’un étranglement physique et
moral devant le mur… Introduction « Ce
ne sera pas aux enfants de nous remercier mais à nous, en tout cas, ici, à moi
de le faire pour m’avoir appris tout ce que je ne savais pas vraiment! »
Personnellement en France depuis 72 heures, la tête pleine de désordre, de colère, de joie, de rencontres et d’impressions en tout genre. Inspirée soudainement, j’ai posé mes premières impressions et me dit qu’au fond, plutôt qu’un récit anecdotique, il valait mieux donner ce qui m’avait impressionné, au sens organique du terme. Je ne me préoccupe pas de la qualité littéraire de cet écrit, ce qui m’importe c’est d’exprimer ce qu’un pays aussi neuf et ancien, cassé, brûlant, injuste, vivant, si riche de cultures et si magnifique peut nous apprendre. Et que des gens comme moi, « metteur en scène et comédienne » ( puisque c’est ainsi qu’on nous appelle), peuvent prétendre trouver matière à réfléchir.
Il est remarquable de constater à quel point l’action de la compagnie Art Dreams et notre venue a pu donner joie, vie et nouvelles responsabilités aux enfants venus des quatre coins de cette Terre.
Terre, berceau des civilisations, et il me semble qu’elle est condamnée à être le reflet de tous les déséquilibres présents des autres dites « grandes civilisations » actuelles. J’en arrive à me poser cette question : Tant qu’Israël et Palestine brûleront, le monde peut-il prétendre à une vraie paix ? Alors peut-être, regardons ce miroir et réfléchissons…. »
IMPRESSION Le
17 Août 2007 Bientôt la fin de la première journée
passée en France avec des milliers d’images dans la tête, des idées qui se
bousculent, des impressions qui arrivent comme des boulets de canons dans le désordre… Toujours un peu ahurie pas cette colère
qui m’assaille quand je me souviens de l’attitude souvent arriviste des dits
« colons » au cœur de la nouvelle ville de Jérusalem. Au fond,
lorsque les irlandais, les anglais et les français sont arrivés en terres
indiennes ou africaines, pour certains d’entre eux, leur attitude devait être
celle-là . Ahurie par cette idée de déposséder pour en fin de compte bâtir
un objet facile et superficiel. Heureusement certains pensent dans ces mêmes
sociétés et tout ne se résume pas aux « indiens et aux cow-boys »
mais espérons que l’esprit gagne un jour. Comme disait l’autre « Le
vingt et unième siècle sera spirituel ou ne sera pas ! »
Faudra-t-il y travailler encore ? Oui ! Je suis encore imprégnée par cette
rencontre fabuleuse avec les enfants, par la courageuse démarche de Art Dreams,
par la rencontre d’artistes en tout genre de Palestine et par la visite du
centre culturel d’Al Rowwad de Bethléhem. Il m’arrive d’être déçue par
l’attitude parfois un peu immature de nous, de moi, française, peut-être
trop baignés déjà dans une société trop facile. C’est vrai qu’en matière
de réflexion et de joie de vivre il ne faut pas être fainéant et y travailler
tout le temps, tout le temps, tout le temps… Après tout pourquoi ne pas
vouloir le meilleur ! On fait bien de l’entraînement physique pourquoi
ne pas le faire pour l’esprit ? J’ai vu humilité, rire et véritable
bonheur…. Apprendre à ne pas se barricader et à ne
pas se faire emmurer. La résistance non violente par l’éducation …
Voilà !!! Depuis des années je rêvais d’avoir accès à cette forme de
langage et enfin aujourd’hui à 31 ans je touche ce concept et me donne la
possibilité de le faire durer. Pour la première fois la question :
pourquoi vouloir faire de la mise en scène, prend un sens. Je n’ai pourtant
toujours pas le pouvoir de changer les choses mais j’ai trouvé l’envie de réfléchir
et de travailler. En Biélorussie, dans le cadre d’un
travail théâtral également, l’art m’avait déjà révélé à quel point
il pouvait devenir vital pour une population ici il m’indique qu’il peut être
un langage propre et un acte de résistance. Evidemment, me dira-t-on !
Oui, je le savais intellectuellement mais je ne le savais pas « organiquement »
ressenti comme me l’aurait dit un de mes professeurs de théâtre. Loin de toute naïveté, je cherche et rien
ne m’a rendu plus heureuse pendant ces dix sept jours que d’être une élève
et de prendre quelques claques. A quatorze ans je m’étais de façon tout
à fait vaniteuse décrétée « rousseauiste » persuadée que
l’homme était bon et que la société l’avait pervertie !! J’ai
grandi et je sais aujourd’hui qu’étant mortel l’homme à peur et est prêt
à tout pour se sauver, donc il ne peut pas être bon. Naïve, non ! Mais encore assez idéaliste
pour ne pas céder à ce sentiment de « à quoi bon » et rester
persuadée que tout homme peut par l’éducation devenir bon et positivement
intelligent ! Peut-être ai-je tort ? Peut-être ! Pour le moment
c’est en ça que je crois et j’y travaille, mal, peut être aussi.
J’accepte de constater un jour que j’avais tort…. En attendant je
continue…………………………………………… Audrey





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